Ce contenu exclusif est paru en premier sur phonocard.be - Révision du 24.05.2015 15:45


Ce site est consacré principalement à la Telecard de la RTT (Régie des Télégraphes et des Téléphones) belge qui a lancé le système de téléphonie publique à télécarte prépayée en 1977.



La télécarte prépayée correspondait à un besoin de la RTT qui voyait dans ce moyen de paiement un remède contre le vandalisme, la fin de la récolte fastidieuse de la monnaie dans chaque cabine publique et une alternative au problème de la quantité de pièce de 10 francs (25 cents) nécessaires pour une conversation téléphonique de quelques minutes à longue distance. Par longue distance, on entendait en 1977, une communication téléphonique “interzonale” c’est à dire entre 2 zones à préfixe différent (02 pour Bruxelles, 04 pour Liège par exemple).


10 francs à l’époque, était la pièce à la valeur faciale la plus élevée. 10 francs représentaient 1 unité de taxe téléphonique soit environ 1 minute de temps de parole. Les deux premières télécartes comprenaient 25 unités et 100 unités (2’30” et 10’). Elles coûtaient respectivement 200 francs (2,5 euros) et 1000 francs (10 euros). La Telecard 25 offrait un bonus de 5 unités. Pour augmenter la visibilité des Telecards, la RTT a autorisé les librairies tabac-journaux et tout autre point de vente de proximité à vendre les Telecards. Les commerçants obtenaient une boîte de 200 cartes avec une ristourne de 10 francs (rarement 20 francs) par carte, soit 5% de marge bénéficiaire (maximum 10% selon les points de vente).



Les 2 premières télécartes ont été mises en service le 14 février 1977 après une première période d’essai en interne à la RTT. Par la suite, en 1979, les deux télécartes sont passées à 20 et 105 unités. Le bonus étant sur la télécarte la plus chère afin d’inciter les achats. En deux ans, les cabines tout d’abord installées à Bruxelles et à Louvain la Neuve (campus universitaire), furent aussi installées à la Côte (Mer du Nord). Entre 1977 et 1984, les télécartes de couleur orange uniforme, portent toujours les mêmes inscriptions. Entre autres, un A entouré d’un cercle.


A partir d’août 1984, la RTT achève la période d’essai et les télécartes portent alors un B entouré d’un cercle. Les prix passent à 200 francs pour la télécarte de 20 unités et à 1000 francs pour la télécarte de 105 unités.


Une dernière Telecard d’essai (4B2) de 105 unités fait son apparition. Cette fois il s’agit d’un essai “visuel”. Un U est accolé à la valeur faciale. Mais cette carte sera bien vite retirée de la vente (126 000 exemplaires) car le U porte à confusion. En français et en anglais cela signifie unités (units) mais en néerlandais cela peut vouloir dire heures (uren) ce qui est nettement différent...


En 1984, une bande blanche de 3mm fait son apparition. Elle permet de visualiser approximativement les unités restantes ou consommées grâce à de petites marques foncées qui apparaissent sur cette bande.


Bande blanche vierge, télécarte jamais utilisée.

Petites marques dénotant 2 utilisations de cette télécarte qui ne comporte plus aucune unités.


Ici aussi, des tâtonnements auront lieu. Différents types de télécartes se succèdent, comportant une bande plus ou moins blanche et plus ou moins large, allant de 1,5mm à 4mm.

1985 (1,5mm)

1985 (2mm)

1987 (4mm)


Si le design évolue peu en dehors de quelques variantes d’épaisseur de bande blanche, on peut néanmoins différencier les cartes A entre elles ainsi que les B, selon les époques ; fort utile lorsqu’on collectionne pour déterminer l'âge d’une carte. La flèche qui indique le sens d’insertion de la carte dans le téléphone est un élément de distinction.

La 1è flèche fait partie du design des cartes de 1977 à 1979. Elle comporte 14 barres puis à partir de 1982, 7 barres et ensuite 4 barres en 1989. Un autre élément distinctif est la présence ou l’absence d’une encoche sur le flanc droit de la carte. L’encoche fait son apparition en novembre 1989. Elle permet, dit-on, de savoir dans quel sens la tenir pour l’insérer dans le téléphone lorsqu’on est aveugle. Nous verrons qu’il s’agit en fait d’une utilité technique au départ et non pratique.



A priori, lorsque la carte est insérée dans le téléphone, elle est maintenue par un procédé mécanique qui la cale afin que les données soient lues par un faisceau laser et qu’un faisceau infrarouge “brûle” littéralement le plastic par incrément d’une unité au niveau de la bande optique (orange d’abord, blanche par la suite comme nous l’avons vu plus haut).  


Afin que tout tienne parfaitement en place, il fallait recourir de temps à autre à l’utilisation d’une carte spéciale dite de calibrage (aussi appelée carte de calibration, adjusting card en anglais).  ou encore carte de centrage). Ensuite, avec l’apparition de l’encoche, la carte va s’insérer dans le lecteur et un mécanisme vient se loger dans l'ovale de l’encoche, maintenant la carte bien en place. Le mécanisme est relâché lorsque la carte est vide ou que la communication est terminée. Dès lors, les cartes de calibration ne sont plus nécessaires. La bande optique devait aussi faire l’objet de l’attention des techniciens. Le recours à une carte de centrage s’avérait nécessaire pour réaligner la bande optique et le lecteur/graveur optique.


Les techniciens de la RTT, chargés de la maintenance des cabines à carte sont munis d’une carte de service qui leur permet d’effectuer des appels afin de vérifier que tout fonctionne bien après une intervention ou simplement lors d’une maintenance programmée.


Les techniciens de la RTT ont également des cartes de test. Elles ne permettent pas de téléphoner mais de faire des télé-mesures. Durant la période d’essai des Telecards, les valeurs résultantes des tests, sont indiquées manuellement sur la carte à l’aide d’un marqueur indélébile. Par la suite, les cartes comportaient une zone d’écriture qui était gravée par un procédé à encre, directement sur la carte par imprimante.





Toutes les Telecards belges sont des phonocards fabriquées par Landis & Gyr dans son unité de production suisse à Zug. Le terme phonocard a désigné toutes les télécartes optiques fabriquées par L&G. La Télécarte belge est donc une phonocard à laquelle la RTT a donné le nom de Telecard. Voilà pourquoi mon site s’intitule phonocard.be :-)




la suite très bientôt ...

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